Sport, activité physique et sédentarité : pourquoi faire du sport ne suffit pas toujours

Faire du sport est bénéfique pour la santé, mais cela ne suffit pas à compenser une journée majoritairement passée assise.

Aujourd’hui, une personne peut pratiquer une activité sportive plusieurs fois par semaine tout en restant sédentaire au travail. Cette différence entre sport, activité physique et sédentarité est essentielle pour comprendre l’apparition de certaines douleurs, tensions ou troubles musculo-squelettiques (TMS).

C’est précisément ce que découvrent de nombreuses personnes qui ressentent des tensions malgré une pratique sportive régulière, ou des entreprises qui constatent que des collaborateurs sportifs restent concernés par les effets de la sédentarité et les TMS.

Quatre femmes travaillent de manière dynamique. Deux femmes discutent autour d'une tablette, debout derrière le bureau. Une femme présente un sujet, assise au bureau et une autre femme, appuyée sur ce bureau, écoute et analyse. Environnement de trava

Quelle est la différence entre le sport et l’activité physique ?

Le sport et l’activité physique sont souvent utilisés comme des synonymes. Pourtant, ils ne désignent pas exactement la même chose.

Selon le Programme National Nutrition Santé (PNNS), l’activité physique comprend l’ensemble des mouvements réalisés dans la vie quotidienne : les déplacements, certaines tâches professionnelles, les activités domestiques, les loisirs et la pratique sportive.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit quant à elle l’activité physique comme tous les mouvements produits par les muscles nécessitant une dépense énergétique, tandis que la sédentarité correspond aux périodes prolongées passées assis ou allongé avec une faible dépense énergétique.

Le sport fait donc partie des activités physiques, mais toutes les activités physiques ne sont pas du sport.

Cette distinction est importante, car elle change la manière dont nous comprenons la santé physique au quotidien. Une personne peut ne pas pratiquer de sport tout en restant physiquement active. À l’inverse, il est tout à fait possible d’être sportif… et sédentaire.

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Différence entre sport et activité physique au quotidien - Neomove

Peut-on être sportif et sédentaire ?

À la naissance, l’activité musculaire dominante concerne les chaînes antérieures.

Elles maintiennent le nourrisson dans une posture en flexion, orientée vers l’intérieur.

Progressivement, sous l’effet des stimulations sensorielles (visuelles, vestibulaires, proprioceptives), l’enfant organise son redressement : contrôle de la tête, retournements, reptation, quatre pattes, station assise puis station debout.

Durant ces étapes, la chaîne postérieure se structure et permet l’extension, l’alignement et la verticalisation.

Vers l’âge de trois ans, les grands schémas moteurs fondamentaux sont consolidés et atteignent un haut niveau d’efficacité spontanée. La plasticité neurologique demeure importante, mais les bases locomotrices sont en place.

Puis s’installe progressivement la sédentarité scolaire, début de la réduction de la variabilité motrice quotidienne.

Diagramme illustrant les étapes du développement des compétences motrices, allant du stade fondamental à un stade fonctionnel, indiquant les compétences entrainées avec la pratique de Sessions Personnalisées Neomove.

Un déséquilibre naturel amplifié par la modernité

Le corps humain présente une organisation biomécanique orientée majoritairement vers la flexion.

On observe schématiquement :

  • Environ deux tiers des forces musculaires orientées vers l’avant

  • Un tiers vers l’arrière

Cette prédominance s’explique par la fonction des chaînes antérieures, fortement sollicitées dans les gestes de préhension, d’exploration et d’action.

Lorsque la mobilité est préservée et que la variabilité gestuelle est suffisante, cet équilibre ne pose aucun problème.

En revanche, dans des environnements statiques, majoritairement assis et orientés vers l’avant, la sollicitation répétée des chaînes de flexion accentue progressivement ce déséquilibre.

À cela s’ajoute un phénomène physiologique : à l’approche des 40 ans, la masse et la force musculaires déclinent progressivement en l’absence de stimulation adaptée.

La capacité d’adaptation diminue.

Le risque de compensation augmente.

2/3 de force orientée vers l’avant

1/3 de force orientée vers l’arrière

En mouvement, ce rapport reste fonctionnel.
En sédentarité prolongée, la capacité postérieure décline,
et l’équilibre se rompt au profit de la flexion avant.

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L’équation fondamentale du mouvement

Un mouvement efficient repose sur trois composantes indissociables :

MOUVEMENT SAIN = MOBILITÉ × STABILITÉ × CONTRÔLE MOTEUR

Mobilité

Capacité d’une articulation à exprimer son amplitude optimale dans le respect de ses axes biomécaniques, notamment dans les zones rotatoires comme l’épaule ou la hanche.

Stabilité

Capacité à créer un ancrage segmentaire permettant la transmission efficace des forces, en particulier au niveau du genou et du rachis lombaire.

Contrôle moteur

Organisation et sélection des schémas moteurs par le système nerveux central. Ces schémas, issus de l’expérience, sont activés et ajustés en temps réel lors de l’exécution d’un geste.

On distingue :

  • des schémas en boucle ouverte (préprogrammés)

  • des schémas en boucle fermée (ajustés par feedback sensoriel)

Ils évoluent en permanence en fonction de la répétition, de la fatigue et du contexte.

Une altération d’un seul de ces facteurs modifie la qualité mécanique du mouvement global.

Posture et mouvement :
une dynamique indissociable

Opposer posture et mouvement est une simplification.

Le mouvement correspond à une transition continue :

Posture initiale → activation segmentaire → posture finale.

Même en station statique, l’activité musculaire posturale est régulée par des ajustements toniques permanents.

L’immobilité absolue n’existe pas.

Une posture efficace n’est jamais figée.

Elle est dynamique, adaptable et dépendante de la qualité du contrôle moteur.

Améliorer la posture implique nécessairement d’améliorer le mouvement.

Ces mécanismes prennent tout leur sens dans une logique de prévention structurée en entreprise.

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Les positions répétitives : ennemies silencieuses du mouvement

Le système musculo-squelettique est conçu pour la variabilité.

Lorsque nous maintenons une position prolongée et/ou des gestes répétitifs:

  • L’activité musculaire devient asymétrique

  • Certaines structures sont sous-sollicitées

  • D’autres subissent une contrainte cumulative

L’absence de variabilité gestuelle réduit la capacité d’adaptation tissulaire.

Des déséquilibres apparaissent.

Ces adaptations, appelées compensations, conduisent le système nerveux à modifier progressivement ses schémas moteurs.

Ce mécanisme peut entraîner :

  • Une rigidification articulaire

  • Une surcharge d’autres segments

  • Une réduction progressive de l’amplitude

  • Une appréhension du mouvement (kinésiophobie)

Schéma du cercle vicieux de la kinésiophobie. Comment les positions répétitives amènent à des tensions qui incitent à ne plus bouger en engrangeant de nouvelles tensions qui vont amener à réduire de plus en plus ses mouvements.

Le cercle vicieux de la kinésiophobie

Exemples fréquents de positions répétitives : Travail prolongé assis, Station debout maintenue, Utilisation répétée de la souris, Conduite longue durée, Usage intensif du smartphone…

Compensation et altération
des schémas moteurs

Prenons l’exemple de la région thoracique, physiologiquement conçue pour la rotation.

En position assise prolongée :

  • La chaîne postérieure se relâche

  • La cage thoracique perd en mobilité (haut du dos)

  • La rotation devient limitée

Le système nerveux (contrôle moteur) redistribue la contrainte vers des segments adjacents. La région cervicale ou lombaire, moins adaptée à une rotation dominante répétée, est davantage sollicitée.

Cette modification des axes de mouvement entraîne :

  • Une augmentation locale des contraintes tissulaires

  • Une altération progressive de l’efficacité mécanique

À long terme, des douleurs chroniques ou des lésions structurelles peuvent apparaître.

Schéma représentant les zones de mobilité dans le corps humain : cervicales hautes, épaules, poignets, haut du dos, bassin, chevilles, doigts de pied. Prévention des TMS - Neomove
Stabilité - Un des fondements du mouvement - Prévention des TMS - Neomove.png

Lorsqu’une zone de mobilité se “rigidifie”, une zone de stabilité se retrouve obligée de compenser pour fournir la mobilité manquante.

Mouvement et
troubles musculo-squelettiques

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) regroupent des atteintes des tissus du système locomoteur : muscles, tendons, gaines tendineuses, articulations et, selon les cas, structures rachidiennes.

En entreprise, ils sont favorisés par des contraintes qui s’additionnent :

  • gestes répétitifs et cadence élevée

  • postures prolongées, notamment hors zones neutres

  • efforts, manutentions, vibrations

  • récupération insuffisante et faible variabilité gestuelle

  • contraintes organisationnelles et psychosociales, pouvant majorer la tension musculaire de fond

Le lien avec le mouvement est central : un TMS n’est pas uniquement lié à la contrainte externe, mais à l’écart qui se creuse entre contraintes imposées et capacité fonctionnelle (mobilité disponible, stabilité, contrôle moteur, endurance locale).

Quand la qualité du mouvement se dégrade, la répartition des charges se modifie : certaines zones deviennent sur-sollicitées, la récupération est incomplète, et des micro-surcharges répétées peuvent conduire à l’apparition de douleurs puis à une atteinte durable.

Les localisations les plus fréquentes concernent :

  • membres supérieurs

  • région cervicale

  • région lombaire

Une analyse détaillée des mécanismes d’apparition des TMS en entreprise permet d’en comprendre les implications organisationnelles et réglementaires.

Réapprendre à bouger : restaurer l’équilibre

Un schéma moteur altéré ne se corrige pas spontanément.

Il nécessite une exposition progressive, une répétition contrôlée et un ajustement conscient. Cette démarche suppose une évaluation initiale, un suivi structuré et des protocoles adaptés au profil fonctionnel de chaque individu.

Le processus peut être décrit en quatre étapes :

  1. Inconscience du déficit

  2. Prise de conscience via l’évaluation

  3. Réorganisation volontaire du geste

  4. Intégration automatisée par répétition

Un mouvement rééquilibré :

  • Limite les compensations

  • Améliore la capacité posturale

  • Optimise la transmission des forces

  • Réduit le risque de TMS

Le mouvement ne se limite pas à une activité physique.

Il constitue l’expression dynamique de la capacité fonctionnelle humaine.

Lorsque mobilité, stabilité et contrôle moteur sont équilibrés, le corps absorbe efficacement les contraintes. Lorsqu’ils sont altérés, les stratégies compensatoires s’installent.

Comprendre ces mécanismes permet de structurer une prévention durable des troubles musculo-squelettiques et d’inscrire la santé fonctionnelle dans le temps.