La prévention des troubles musculosquelettiques repose d’abord sur l’analyse du travail et la réduction des contraintes professionnelles à leur source. Mais face à un même poste, deux personnes ne disposent pas nécessairement des mêmes capacités physiques ni des mêmes stratégies de mouvement.

Pour comprendre cette différence, deux questions complémentaires peuvent être posées : quelles contraintes le travail impose-t-il ? Et comment la personne qui occupe ce poste est-elle actuellement capable d’y répondre ?

La première relève de l’analyse du poste. La seconde conduit à observer la posture, la mobilité, la stabilité, la coordination et plus largement les capacités de mouvement.

Croiser ces deux dimensions permet d’enrichir la prévention des TMS sans opposer ergonomie et accompagnement individuel.

Capacités physiques et analyse du poste de travail : deux approches complémentaires pour prévenir les TMS

Pourquoi s’intéresser aux capacités physiques au travail ?

Deux personnes peuvent être exposées aux mêmes contraintes professionnelles sans y répondre de la même manière.

Leurs capacités de mouvement, leur mobilité, leur stabilité ou encore leur coordination peuvent différer. Ces éléments influencent la manière dont chacune organise son corps pour maintenir une position, réaliser un geste ou s’adapter à une sollicitation.

L’analyse des capacités physiques apporte donc une information complémentaire à celle du poste : elle permet d’observer comment la personne est actuellement capable de répondre aux contraintes auxquelles elle est exposée.

Il ne s’agit pas d’établir un diagnostic médical, mais d’obtenir une photographie fonctionnelle de la posture et du mouvement à un instant donné.

Ces capacités ne sont ni fixes ni définitives. Elles évoluent au cours de la vie et peuvent notamment être influencées par le niveau d’activité physique, la sédentarité, le parcours professionnel ou les antécédents de douleurs et de blessures. Une évaluation fonctionnelle doit donc être considérée comme une photographie évolutive, et non comme une étiquette attribuée à une personne.

Analyse du poste de travail : que cherche-t-on à comprendre ?

L’analyse du poste apporte l’autre partie de la lecture : elle cherche à comprendre les contraintes auxquelles la personne est exposée dans son activité professionnelle.

Elle ne s’intéresse pas seulement au poste tel qu’il a été conçu ou décrit dans une procédure, mais au travail réel : les tâches effectivement réalisées, les gestes, les postures maintenues ou répétées, les efforts, les équipements utilisés, le rythme de travail et les possibilités de récupération.

L’objectif est d’identifier les facteurs susceptibles de contribuer à l’apparition de troubles musculosquelettiques et, surtout, d’agir sur leurs causes.

Cette analyse peut par exemple conduire à modifier un équipement, ajuster la hauteur d’un plan de travail, alterner certaines tâches, réduire une cadence ou améliorer les possibilités de récupération.

L’analyse du poste constitue ainsi l’un des fondements d’une démarche de prévention des TMS en entreprise.

Quelle place occupe la posture ?

La posture constitue une première composante de cette analyse. Observer une personne de face ou de profil permet notamment d’étudier ses alignements corporels, la répartition de ses appuis, certaines asymétries ou encore les adaptations entre différentes zones du corps.

Ces observations doivent toutefois être interprétées avec prudence.

Il n’existe pas une posture parfaite qu’il faudrait chercher à maintenir toute la journée. Une asymétrie ne signifie pas non plus qu’une personne développera nécessairement une douleur ou un TMS.

Le problème vient souvent moins d’une posture isolée que de son maintien prolongé, de sa répétition, des efforts qui lui sont associés et du manque de variation.

C’est pourquoi l’analyse posturale prend tout son sens lorsqu’elle est replacée dans son contexte et complétée par l’observation du mouvement.

Une image très simple avec une ligne bleue verticale sur fond blanc.

Pourquoi associer posture et mouvement ?

La posture constitue une première composante de l’analyse des capacités physiques. Observer une personne de face ou de profil permet notamment d’étudier ses alignements corporels, la répartition de ses appuis, certaines asymétries ou encore les adaptations entre différentes zones du corps.

Ces observations doivent toutefois être interprétées avec prudence. Il n’existe pas une posture parfaite qu’il faudrait chercher à maintenir toute la journée. Une asymétrie ne signifie pas non plus qu’une personne développera nécessairement une douleur ou un TMS. Le problème vient souvent moins d’une posture isolée que de son maintien prolongé, de sa répétition, des efforts qui lui sont associés et du manque de variation.

Surtout, la posture ne montre qu’une partie de la manière dont le corps fonctionne. Une personne peut présenter une posture apparemment équilibrée au repos, mais rencontrer davantage de difficultés pendant une flexion, une rotation ou une élévation des bras. À l’inverse, une asymétrie observée en position statique peut être associée à un mouvement fluide et bien contrôlé.

L’analyse du mouvement apporte donc une lecture complémentaire. Elle permet d’observer comment une personne mobilise ses articulations, contrôle son équilibre et développe éventuellement des compensations lorsqu’elle réalise une action.

La posture montre comment le corps s’organise dans une position. Le mouvement révèle comment il s’adapte pendant une action.

Associer les deux permet ainsi d’obtenir une vision plus complète des capacités physiques de la personne et de mieux individualiser les actions proposées.

Un même poste ne sollicite pas tous les corps de la même manière

Prenons deux salariés affectés au même poste de manutention. Ils déplacent les mêmes charges, utilisent le même matériel et sont soumis à des contraintes professionnelles comparables.

Le premier dispose d’une bonne mobilité des hanches et contrôle efficacement son tronc. Le second présente des amplitudes plus limitées et reporte davantage l’effort sur la région lombaire.

Le poste est identique, mais la réponse corporelle diffère.

L’analyse du poste permet d’identifier leurs contraintes communes : charge manipulée, hauteur de prise, fréquence des manutentions, distances parcourues ou rythme de travail.

L’observation de la posture et du mouvement apporte une autre information : la manière dont chacun organise son corps pour répondre à ces contraintes.

Une analyse limitée au poste ne permet donc pas toujours de faire apparaître ces différences individuelles.

Comprendre les différences de réponse corporelle permet de mieux individualiser l’accompagnement, pas de relativiser les contraintes du travail. De bonnes capacités physiques ne rendent pas acceptable un poste mal conçu, une charge excessive ou une cadence inadaptée.

Les différences de mobilité, de stabilité, de coordination ou de stratégies de compensation contribuent à expliquer pourquoi un TMS peut apparaître chez une personne et pas chez une autre.

L’ergonomie cherche à comprendre et à transformer le travail afin de réduire les contraintes à leur source. Elle peut agir sur les équipements, l’organisation des tâches, les cadences, les marges de manœuvre ou les possibilités de récupération.

L’accompagnement des capacités physiques intervient sur un autre levier. Il peut favoriser la variation des positions, entretenir la mobilité, améliorer la stabilité et la coordination ou encore travailler la qualité du mouvement.

Ces deux approches ne doivent pas être confondues.

Les exercices ne doivent jamais servir à compenser un poste mal conçu ou une organisation inadaptée. Ils constituent un complément à la transformation du travail, pas un substitut.

C’est précisément leur association qui permet d’envisager une prévention plus complète : agir autant que possible sur les contraintes professionnelles, tout en donnant à chacun les moyens d’entretenir ses capacités de mouvement.

Capacités physiques et ergonomie : deux leviers complémentaires

Illustration inspirée de la peinture La création d'Adam, de Michelangelo, pour illustrer la complémentarité entre ergonomie et capacités physiques

Comment intégrer cette dimension individuelle dans une démarche de prévention ?

Le numérique ouvre de nouvelles possibilités dans ce domaine. À l’aide d’un smartphone, il devient notamment possible de guider l’utilisateur dans l’observation de sa posture et la réalisation de mouvements simples afin d’établir un profil fonctionnel.

Les actions proposées peuvent ensuite tenir compte des capacités observées, mais aussi des zones de tension ressenties, du temps disponible ou du contexte de pratique.

Cette approche ne remplace ni l’ergonome, ni le préventeur, ni le médecin du travail, ni les professionnels de santé. Elle permet d’ajouter une dimension individuelle et évolutive aux actions de prévention mises en place par l’entreprise.

C’est dans cette complémentarité que s’inscrit le dispositif Neomove.

L’un des enjeux consiste à rendre cette approche individualisée accessible à davantage de salariés, sans transformer son déploiement en démarche complexe pour l’entreprise.

Neomove associe l’observation de la posture et l’analyse du mouvement afin d’individualiser les sessions proposées à chaque utilisateur. L’objectif est d’accompagner les capacités physiques dans le temps, en complément des démarches d’ergonomie et de prévention existantes.

Le numérique permet également de faciliter le déploiement de cette approche auprès d’un plus grand nombre de collaborateurs et d’en piloter l’usage et les évolutions dans le temps à l’échelle de l’entreprise.

Associer prévention collective et accompagnement individuel

Prévenir les TMS ne consiste donc pas à choisir entre l’ergonomie et l’accompagnement individuel.

L’analyse du travail permet d’identifier et de réduire les contraintes à leur source. L’observation de la posture et du mouvement apporte une autre information : la manière dont chaque personne s’organise physiquement pour y répondre.

Croiser ces deux dimensions permet de construire une prévention plus complète, sans faire porter à l’individu la responsabilité de contraintes qui relèvent du travail.

C’est dans cette complémentarité que s’inscrit Neomove. Le dispositif associe bilan postural et analyse du mouvement pour individualiser les sessions proposées à chaque utilisateur, tout en s’intégrant aux démarches de prévention déjà mises en place dans l’entreprise.

FAQ : Capacités physiques et analyse du poste de travail